Marchand de sable

De Dakhla à Nouadhibou, les bivouacs dans le désert s'enchaînent, les tempêtes de sable aussi. Il faut alors se protéger comme on peu.

Au premier bivouac, mon matelas se perce sur des épines cachées dans le sable. Dès lors, les nuits sont moins réparatrices et également plus froides (le matelas sert aussi d'isolant thermique). Chaque nuit nous avons droit à de petites tempêtes de sable qui font trembler la tente, heureusement, notre technique est maintenant rodée : les pierres les plus grosses possibles pour assurer les petites sardines qui ne tiennent pas dans le sable et des pelletées de celui-ci tout autour de la tente pour limiter la prise au vent. Le cocktail est efficace et résiste bien. Les bivouacs sont également plus difficile à choisir, en plus d'être à l'abri des regards, on essaye d'être aussi à l'abri du vent (un peu) et si possible de ne pas trop aller dans les zones dites "en cours de déminage" mais dont les panneau sont tellement rouillés que ça doit faire longtemps que c'est "en cours".

Nous avalons les kilomètres, vent dans le dos, ce qui nous permet de rouler peu mais de faire beaucoup de kilomètres. Cela n'empêche pas d'accumuler la fatigue avec des nuits peu réparatrices et des tempêtes de sables fatigantes. À Guerguarat, nous sommes à la frontière Marocaine, une fois passée, c'est le No Man's Land : une zone de 4km entre Maroc et Mauritanie qui n'appartient ni à l'un ni à l'autre. Du coup, personne ne l'entretien : pas de route mais une alternance de piste cassante et de sable (dans lequel nous devons systématiquement pousser nos montures). Des épaves de voitures et autres congélateurs jonchent le sol, en plus, nous passons à un moment où le soleil n'est pas visible tellement l'atmosphère est chargée en sable, cela n'empêche pas d'avoir une chaleur pesante de plus de 30°C.

Après cette piste qui me vaudra quelques réparations sur la direction, nous arrivons en Mauritanie où nous devons nous plier aux formalités. Nous avons le temps et l'ambiance avec les douaniers est bonne. Un douanier prend même l'initiative de monter sur le vélo de Jordi pour faire un tour, histoire de vérifier si c'est si facile que ça de voyager par ce moyen (il en déduira que ce n'est pas facile).

Nous arrivons finalement à Nouadhibou de nuit, malgré que nous ayons tout fait pour éviter ce cas de figure. Et ça se passe très bien, la circulation est infernale, c'est un peu la jungle, mais rapidement nous faisons la connaissance d'Omar, un gamin de 16 ans à vélo qui nous guide à travers toute la ville pour nous dégoter l'hôtel le moins cher. Il nous en dégote un super et passe la soirée avec nous. Nous buvons le thé, Omar nous montre la technique locale qui a encore changé depuis le Maroc, nous en buvons tellement que même après son départ à 1H du matin, il est impossible de trouver le sommeil. Peut importe, demain c'est grasse mat' !

Le lendemain est l'occasion d'une remise en état des vélos. Ils n'ont pas trop appréciés tous ces jours de désert et les tempêtes de sable. Nous mettons nos outils en commun (Jordi en a plus que moi) ce qui permet de démonter entièrement les vélos, nettoyer, et remonter. J'en profite également pour ouvrir mes roulements de roue, graisser et refermer, une opération un peu délicate mais qui assure la longévité des roues.

Trajet des derniers jours :

Dakhla -> désert étape 1 : 110 km
désert étape 1 -> désert étape 2 : 115 km
désert étape 2 -> désert étape 3 : 126 km
désert étape 3 -> Nouadhibou : 81 km

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